Dernier long métrage de Satoshi Kon, Paprika est un vertige d’animation où les rêves contaminent peu à peu le réel, jusqu’à faire exploser les frontières entre intime, imaginaire et spectacle collectif. Adapté du roman de Yasutaka Tsutsui, le film condense tout ce qui fait la force du cinéaste : montage mental, identités fragmentées, images qui débordent, personnages pris au piège de leurs propres projections. Dans le cadre de Nippon Body Shock, Paprika apporte une variation plus psychique et sensorielle autour du corps : corps endormi, corps rêvé, corps traversé par les images, les désirs et les cauchemars des autres. Vingt ans après sa sortie, le film reste une expérience visuelle folle, ludique, inquiétante et profondément cinéphile.